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Les héros de la résistance contre l’esclavage ont attiré du beau monde à Douala

 

Prince Kum’a Ndumbe III, AfricAvenir International Douala(Cameroun), 2 janvier 2013

On a vu du beau monde remplir la salle d’exposition de la Fondation AfricAvenir International jeudi 27 décembre dernier. En effet, juste avant la fin de l’année 2012, le siège de la Fondation qui se situe à Bonabéri-Douala (Cameroun) mettait en grande affiche, sous le haut patronage du Ministère des Arts et de la Culture du Cameroun, une exposition bilingue français-anglais intitulée « Contre l’esclavage – les héros de la résistance/ 200 Years later – After the Maafa ». En 2008, AfricAvenir International avait reçu de l’UNESCO, en partenariat avec Werkstatt der Kulturen à Berlin, la prestigieuse Médaille Toussaint Louverture pour cette même exposition. Pour la première fois, ces 24 tableaux alignés avec la description des hauts faits de chaque héros de la résistance sont montrés sur le continent africain. Les 200 personnes de nationalités diverses dont le Cameroun, le Bénin, le Congo, l’Allemagne, l’Autriche, la France, la Côte d’Ivoire et le Brésil qui ont afflué ce soir là formaient un kaléidoscope très puissant où artistes se frôlaient aux rois et chefs traditionnels, aux autorités administratives et religieuses, aux hommes et femmes politiques, aux étudiants et autres cercles de la société.

Après le mot de bienvenue du Prince Kum’a Ndumbe III, Président de la Fondation AfricAvenir International, le Délégué Régional de la Culture, Monsieur Michel Ndoh Messi, représentant Madame le Ministre Ama Tutu Muna empêchée, insista sur l’importance que son ministère attachait à ce travail d’AfricAvenir International et qu’en 2013, ce travail serait soutenu par ce portefeuille ministériel. Le sous-préfet de la localité de Douala IVè, Zacheus Bakoma Elango ne manqua pas de s’en féliciter, et ne cacha pas sa fierté que cette fondation se trouvait dans la localité sous son commandement. Côté artistes, Justine Gaga qui avait monté l’exposition à Douala était ravie de suivre les commentaires élogieux de la Princesse Marilyn Douala Bell, co-directrice de Doual’Art – où se terminait justement une exposition de Justine Gaga -, accompagnée entre autres de sa sœur Yolande vivant en Côte d’Ivoire. Les jeunes artistes Mpando et Abdias entouraient Justine Gaga pour la circonstance. Joelle Esso, musicienne, illustratrice de livres à Paris et Dr. Dieudonné Gnamankou, historien et éditeur parisien qui avaient eu droit chacun à une soirée entière à la fondation AfricAvenir International quelques jours auparavant, rencontraient Christian Kingue Epanya, lui aussi illustrateur de livres pour enfants en France, avec son lots de nouveaux livres qu’il venait offrir à la section jeunesse de la Bibliothèque Cheikh Anta Diop de la Fondation. Le sous-préfet ne manqua pas l’occasion d’inviter le public à chercher à découvrir ce qu’il appela «le trésor caché» de la fondation, la Bibliothèque Cheikh Anta Diop, section recherches. Etudiants et jeunes ont spontanément suivi ce conseil.

   
Princesse Marilyn Douala Bell, Prince Kum'a Ndumbe III, Justin Gaga. photos: AfricAvenir

Puis, Elisabeth Moundo, qui fut représentante résidente de l’UNESCO dans plusieurs pays au monde, dont Haïti, a été priée d’expliquer la signification de cette Médaille Toussaint Louverture décernée à AfricAvenir par l’UNESCO. L’assistance a alors eu le privilège de savoir que c’était la toute première médaille de l’UNESCO avec l’effigie d’un Noir. Les Noirs avaient juré dans une cérémonie vaudoue au Bois Caïman, près de Morne Rouge, de vivre libres et fraternels, en restant fidèles à la mémoire des ancêtres africains ou alors de mourir dans la bataille. Ce fut dans la nuit du 14 août 1791. Mais Toussaint Louverture fut vaincu le 7 juin 1802 grâce à un renfort français de 20.000 hommes et embarqué pour la prison (Fort de Joux) en France par Napoléon Bonaparte qui rétablit l’esclavage à Haïti, alors appelé St Domingue. Mais les troupes de ce même Napoléon furent vaincues par les troupes de Jean Jacques Dessalines lors de la bataille de Vertières le 18 novembre 1803 et la première République noire fut instituée le 1er janvier 1804. Donc une armée noire qui a vaincue l’armée de Napoléon pour bâtir un Etat libre. Haïti instaura dès le départ, nous apprend Elisabeth Moundo, que les Blancs n’avaient pas le droit d’acquérir la terre à Haïti, et que tout Noir a toujours le droit constitutionnel de demander un passeport haïtien.

Ce vernissage connut une affluence toute particulière de leurs Majestés, rois et chefs traditionnels. Le successeur au trône du Prince René Bell, le Prince Jean Yves Eboumbou Douala Bell fit une entrée remarquée avec sa garde de soldats traditionnels et encouragea la fondation pour son travail précieux. L’ancien Chef de Bonendale Tukuru âgé de 95 ans apparut avec son accoutrement de décorations de la République, et son sucesseur Ndoumbe Emmanuel le relaya plus tard. Les Bakoko du Mungo furent représentés par une délégation conduite par leur Chef Njocke Essawe Maurice, tandis que les Bonéko du Wouri furent représentés par une délégation conduite par leur chef Nsame. Côté politique, Edith Kahbang Walla, Présidente du Cameroon’s People Party CPP, et candidate à l’Election Présidentielle du 9 octobre 2011, accompagné de Baba Dodo, apprécia hautement l’exposition en ajoutant que dans son premier discours politique du 4 octobre 2010, elle s’appuya sur la résistance de Lock Priso, Kum’a Mbape de Bonabéri, pour dire à partir de quand l’héritage camerounais dans la résistance des temps moderne a commencé à être constitué.

Le secret de cette exposition qui est montée sur deux murs, c’est que dès l’entrée, on ressent une force terrible chez ces résistants, avant même de lire les informations et commentaires sur les différents héros. La reine d’Angola NZINGHA qui exigeait qu’on l’appelât roi et non pas reine, grâce à ses prouesses guerrières contre les Portugais pour défendre son territoire, s’impose dans la galerie. Là aussi, des femmes noires comme la reine NANNY, née au Ghana et qui devint héroïne de la lutte en Jamaïque, HARRIET TUBMAN qui s’engagea dans la résistance dès l’âge de 12 ans à Dorchester County et contribua à la libération de plus de 300 esclaves noirs. Des portraits qui invitent à la réflexion et à la méditation, des portraits qui ont déjà inspiré des noms d’enfants à certains parents camerounais.

Vernissage, Les heros de la resistance, photo: AfricAvenir

A la suite du vernissage, le film «Reconnexion» de Jean Ndoumbe, produit par la Fondation AfricAvenir International, fut projeté en première et mit en scelles tout le débat sur nos fils et filles partis depuis des siècles ou depuis peu et qui, surtout grâce aux tests ADN, retrouvent aujourd’hui le chemin de la maison en Afrique et demandent la nationalité de leur pays d’origine. «Reconnexion» a été monté en français avec une deuxième version anglaise et annonce en réalité une série de 10 films qui vont accompagner l’exposition. Des films qui brossent la période de l’esclavage, la résistance d’un «Nat Turner», ou plus tard de Martin Luther King dans «Mort à Memphis», le chemin de «Malcolm X», pour après se pencher sur la résistance anticoloniale d’un Félix Moumié dans «Mort à Genève», d’un Patrice Lumumba dans «Une mort de style colonial» ou d’un Amilcar Cabral dans «Cabralista». La période postcoloniale est représentée par «Fratricide au Burkina», un film sur la tragédie de Thomas Sankara, dont les Editions AfricAvenir/Exchange & Dialogue viennent tout juste d’éditer «Redécouvrir Sankara, Marytr de la liberté», sous la direction de Sally Ndongo de la fondation allemande Rosa Luxemburg, section de Dakar. Les films seront projetés tous les soirs dès samedi 5 janvier 2013 à 18H30 au siège de la fondation AfricAvenir International à Bonabéri, sauf le dimanche, pour les membres de la Fondation, sans aucun caractère commercial.

L’exposition reste ouverte jusqu’au 18 janvier 2013, tous les jours de 10 H à  17 H. A ne pas manquer, à recommander aussi aux groupes des écoles et universités. L’entrée est libre. Une participation de soutien est souhaitée.

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