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Visite de l’exposition sur les résistants noirs à l’esclavage

Le Ministre de la Culture et des Communications du Québec au Canada, l’honorable Maka Kotto, en visite privée à la Fondation AfricAvenir International à Douala

Prince Kum’a Ndumbe III, AfricAvenir International, Douala(Cameroun), 7 janvier 2013
 

La visite avait seulement été annoncée la veille au soir, mais tenue confidentielle, sans aucun communiqué à la presse ni aux sympathisants de la fondation. Le tout récent Ministre de la Culture et des Communications du Québec depuis septembre 2012, député depuis 2008 de la circonscription provinciale de Bourget après l'avoir été (de 2004 à 2008) à la Chambre des communes du Canada pour le Bloc québécois dans la circonscription de Saint-Lambert avait tenu à titre privé, à voir cette fondation dont la maison d’éditions AfricAvenir/Exchange & Dialogue publie des auteurs canadiens depuis Bonabéri-Douala au Cameroun. Surtout que l’UNESCO avait décerné la médaille Toussaint Louverture à AfricAvenir International à cause de l’exposition « Contre l’esclavage – les héros de la résistance » montrée ces jours-ci à Douala. Le Ministre voulait aussi voir la bibliothèque Cheikh Anta Diop de la fondation. Ce fut fait dans l’après-midi du 31 décembre 2012. Il est resté plus de 3H30 avec un de ses amis qui l’accompagnait.

Visite de l’exposition sur les résistants noirs à l’esclavage

Sans pompe ni aucune mesure apparente de sécurité, le Ministre Maka Kotto entre de façon presque anonyme dans la grande salle d’AfricAvenir International et commence à inspecter, à peine reçu, chacun des 24 tableaux des résistants contre l’esclavage, l’un après l’autre, lisant avec attention les textes qui commentent les grandes images des héros. La reine NZINGHA, le roi AMADOR, NAT TURNER, Queen NANNY, MARGARET GARNER, et bien sûr TOUSSAINT LOUVERTURE ou JEAN JACQUES DESSALINES, etc. Le ministre québécois est visiblement ému de l’action de chacun de ces héros, il ne s’imaginait pas trouver une si grande exposition à une demi-heure de son lieu de naissance Bomono. En prolongation de l’exposition, le groupe tombe sur la bibliothèque Cheikh Anta Diop, section jeunesse, de la fondation. Des livres illustrés quatre couleurs pour jeunes, racontant de belles histoires et des contes africains sont sur les étalages. On reconnaît les noms d’auteurs camerounais de livres illustrés comme Marie-Félicité Ebokéa avec « Mbéla et la perle de Mamiwater » ou Joëlle Esso avec « Hanibal & Puskin ». Christian Kingue Epanya lui, venait d’offrir à la bibliothèque jeunesse les beaux livres « Kankou Moussa », avec une belle dédicace aux lecteurs, « Le pagne bleu », « La pipe de Tita Nveng ». Maka Kotto feuillette, agréablement surpris.

Des auteurs canadiens publiés depuis Bonabéri-Douala et diffusés dans le monde

Après la visite de la section jeunesse de la bibliothèque, la page Internet de la fondation lui est présentée avec les activités des sections de Berlin, Vienne, Windhuk et Cotonou. Devant cette foule d’activités, il faudra bien arrêter pour continuer la visite. « Je vais visiter cette page plus intensément » sera sa réaction. Le Ministre Maka Kotto et son ami Sylvain Ekoka sont alors conduits hors de la salle. On contourne le bâtiment et on entre dans le département de la maison d’éditons AfricAvenir/Exchange & Dialogue. La directrice Madame Inge Mautner, arrivée de Vienne il y a quelques jours, explique les raisons du travail international de la maison. Les auteurs sélectionnés utilisent le français, l’allemand, l’anglais, les langues camerounaises, et les Editions publient dans ces différentes langues depuis Bonabéri-Douala.

Même deux auteurs canadiens sont dans le programme. Martine Jacquot d’abord, Canadienne origine de l’Île de France vivant près de Halifax en Nouvelle Ecosse anglophone, nous livre en français un récit de voyage la menant pendant trois étés successifs en Russie, en France et au Cameroun. Le conseil des Arts du Canada, le Ministère des Affaires Etrangères et du Commerce International du Canada ont subventionné ces voyages.

« Je me suis aventurée dans des contrées de la planète que je ne connaissais pas, j’ai vu sous d’autres cieux des êtres qui vivaient différemment mais qui étaient porteurs des mêmes aspirations, je me suis laissé porter par leurs rythmes et leurs voix, j’ai regardé plus loin, je me suis orienté parmi mes rêves, et cela m’a permis d’explorer des recoins nouveaux de mon être. De mieux comprendre les autres. ». Voilà ce qu’écrit Martine Jacquot dans « L’année aux trois étés » que la maison d’éditions située sur l’ancienne route de Bonabéri a présenté en mars 2012 au Salon du Livre de Paris et en octobre 2012 à la Foire du Livre de Francfort. Un deuxième auteur canadien est présenté au Ministre, Boulou Ebanda de B’béri, habitant Ottawa, avec son nouvel ouvrage « Au-delà du discours, l'expérience du Verbe (1950/2000)-Essai sur l’épistémè du verbe dans les cinémas d’Afrique noire francophone ».

Le livre sortira des presses en février pour le Salon du Livre de Paris en 2013. Puis, sur les photos aux murs du département des éditions, le Ministre découvre que Mr. Louis Doubé, directeur de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec a visité le stand de la maison d’éditions AfricAvenir/Exchange & Dialogue pendant une heure à la Foire du Livre de Francfort en 2009. Maka Kotto confirme que cette direction dépend de son ministère. Il apprécie les différentes publications et le catalogue lui est remis.

Le Ministre de la Culture et des Communications du Québec au Canada, l’honorable Maka Kotto, en visite privée à la Fondation AfricAvenir International, photo: AfricAvenir

Bibliothèque Cheikh Anta Diop de Bonabéri, l’artisanal de Schomburg Center de New York

Puis, la visite continue à la Bibliothèque Cheikh Anta Diop, section recherche. Le ministre marque un temps d’arrêt à l’entrée et jette un coup d’œil dans tous les sens, visiblement impressionné. « Mais il faut digitaliser ce trésor ! » s’exclame-t-il. La visite commence avec les rayons des livres de Cheikh Anta Diop. Un savant qui a marqué son parcours lors de ses études en France, fera-t-il remarquer. Il reste longtemps devant chaque rayon. Quand on lui présentera le rayon des livres en 81 langues camerounaises en insistant sur les difficultés que rencontrent ces langues pour se développer à côté des langues officielles que sont le français et l’anglais, il lancera: «C’est pour cela que le Québec peut bien comprendre l’Afrique et le combat linguistique des Africains».

Les Québécois doivent se battre pour conserver leur langue française face à un puissant environnement anglophone des USA et du Canada, expliquera-t-il. Arrivé au rayon des livres publiés par le Prince Kum’a Ndumbe III, Maka Kotto cherche un vieux livre du Prince avec une couverture bleue sur les défis africains qu’il ne voit pas. On lui sort de la pile « L’Afrique relève le défi » publié en 1985, « Oui, le voilà ! C’est un petit livre qui m’avait marqué quand j’étais étudiant. Mais il y avait aussi une vieille pièce de théâtre avec des histoires de cannibale… » On lui sort « Cannibalisme », publié à Paris en 1973. Le ministre Maka Kotto est satisfait de voir aussi les autres pièces de théâtre du Prince Kum’a Ndumbe III de l’époque parisienne comme « Kafra-Biatanga », « Le soleil de l’aurore », « Lisa la putain de… » ou « Amilcar Cabral ou la tempête den Guinée Bissao ». Il s’en souvient. Quand on croit lui faire découvrir un texte de mars 2011 du Prince Kum'a Ndumbe III intitulé: « L’Afrique bouge et tire la sonnette d’alarme - De la nécessité d’une solidarité entre les peuples », avec en sous titre « Dédié à la jeunesse sawa, camerounaise et africaine du Canada - Dédie à la jeunesse du Canada,  à la jeunesse de l’Occident et à la jeunesse du monde », il réagit promptement « je connais ce texte, je l’ai lu ! » , et il n’est pas étonné de trouver la publication de ce texte en coréen dans une revue de Corée du Sud à la bibliothèque à Bonabéri. C’est comme s’il se sentait chez lui dans cette bibliothèque Cheikh Anta Diop. Au rayon des 120 films africains, on tombe sur « Lumumba » de Raoul Peck. Maka Kotto joue le rôle de Joseph Kasavubu dans ce film ! Le film « Une mort de style colonial – l’assassinat de Patrice Lumumba » de Thomas Giefer est programmé pour accompagner l’exposition sur les héros africains contre l’esclavage le 11 janvier à 18H30. Puis, la partie « Archives » lui est présentée. Des documents de 1920-1930 écrits en langue duala sur l’histoire des Sawa par des ancêtres sawa. « Il y a vraiment urgence à digitaliser ces documents », insistera Maka Kotto.

Avec son ami Sylvain Ekoka, ils expliquent comment les Jésuites les ont formés au Collège Libermann de Douala ; en les poussant à maîtriser leurs langues maternelles et leurs cultures ancestrales. « Si le père de Rosny au sein de l’église catholique a pu bénéficier de l’expérience profonde de la spiritualité sawa, c’est parce que les Jésuites occupent une place peu orthodoxe au sein de l’église catholique. Et ces Jésuites ont profondément marqué leurs élèves au Collège Libermann de Douala. » Déposant ces manuscrits, la conversation s’oriente vers les liens avec le Canada.

«Y a-t-il d’autres liens avec le Québec et le Canada dans votre fondation?» interroge-t-il. «Oui, avec la Nouvelle Ecosse» lui répond le Prince. On lui sort alors l’extrait d’un article de Martine Jacquot sorti dans un journal canadien en septembre 2009 où il est écrit :

« Lors de sa visite, le Prince Kum’a Ndumbe III a été accueilli le 23 septembre 2009 par le gouvernement provincial qui a interrompu sa session pour saluer avec respect le monarque en visite et le remercier de l’honneur qu’il faisait à la province par sa présence. Le Président de l’Assemblée a donné la parole au ministre Percy Paris, responsable de trois portefeuilles ministériels dont le Tourisme, la Culture et le Patrimoine, l’Économie et le Développement rural et les Affaires africaines. Le ministre Paris, qui est le premier Noir de l’histoire à siéger dans le gouvernement provincial du Nouveau Parti Démocratique, a prononcé un discours de bienvenue et l’ensemble des membres du gouvernement ainsi que les députés de l’opposition se sont levés pour offrir au Prince une ovation. Puis le premier ministre provincial, Darrel Dexter, est sorti saluer personnellement le Prince, et le ministre Percy Paris s’est retiré de la chambre pour accorder 30 minutes d’entretien au Prince.

Le même jour, le Prince a aussi été reçu avec tous les honneurs qui lui sont dus par le président du Centre Culturel Noir, Leslie Oliver, et par le directeur, Dr. Henry Bishop. Le centre culturel a été fondé approximativement en même temps que la fondation AfricAvenir International à Bonabéri – Douala, Cameroun (www.africavenir.org) et leurs objectifs sont similaires.

Par ailleurs, le 24 septembre, le Prince a pu s’adresser à la communauté francophone de la vallée de l’Annapolis, dans le tout nouveau centre communautaire, le centre Point de Mire à Greenwood. La vallée est le berceau de la francophonie en Amérique du Nord car c’est là que se sont installés les premiers pionniers en 1604. De nos jours, la proportion de la population francophone dans cette province n’est que d’environ 5%. La présentation s’est faite sous forme de dialogue avec l’auteure Martine Jacquot, qui s’est rendue au Cameroun en novembre dernier et qui est particulièrement sensibilisée à l’apport de l’Afrique à l’humanité et à l’urgence du dialogue et de l’échange entre les peuples de différentes nations. »

Un texte entier est remis au ministre, il s’agit du discours en anglais du Prince Kum’a Ndumbe III prononcé à la 7è conférence internationale de la « African Diaspora Heritage Trail » tenue à Halifax en septembre 2011  et intitulée : « Preserve, Promote, Protect from a Francophone / Linguistic Perspective – The AfricAvenir International Foundation in Cameroon ».

Le ministre Maka Kotto qui ne parle pas beaucoup mais observe les détails nous apprend que le travail d’AfricAvenir International ressemble au travail de Schomburg Center à New York, cette section de la New York Public Library spécialisée dans la recherche sur la culture noire depuis 80 ans. «L’essentiel est là, quand on voit cet immense potentiel dans cette fondation à Douala qui met en valeur le patrimoine culturel des Noirs, mais il faudra réfléchir sur les moyens logistiques et financiers pour sortir de l’artisanal ». Et d’ajouter: « c’est formidable que vous insistez dans la fondation sur le travail avec les jeunes car la formation psychique se fait surtout entre 0 et 20 ans».

Quand le Ministre Maka Kotto et son ami Sylvain Ekoka quittent la fondation, on se rend compte qu’ils ont mis plus de trois heures et demi, et que la visite aurait pu continuer. Quelle sacrée combinaison entre cet homme de culture et un ministre de la culture et des communications!

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